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Liberté égalité fraternité








François-Noël Buffet

François-Noël Buffet
10/02/10
Une et indivisible
A celles et ceux qui s’interrogent encore sur l’opportunité de débattre de notre identité nationale, je souhaiterais dire que cette question est une chance. Parce qu’il est important de réfléchir à ce qui nous rassemble plutôt qu’à ce qui nous divise. Parce qu’il est essentiel de trouver des repères et des valeurs communes qui nous guident chaque jour au sein d’une nation républicaine et laïque. Parce que notre histoire s’est construite sur une tradition de solidarité, d’accueil et de respect des droits imprescriptibles de l’homme et du citoyen. Parce que, trop souvent, ces questions ont été abandonnées aux voix extrémistes de ceux qui prônent la haine de l’autre, la peur et le repli sur soi. Parce qu’à ce jour, seule la majorité gouvernementale et le Président de la République ont eu le courage d’ouvrir ce débat. Parce qu’il intéresse tous les Français et que ceux-ci ont la chance et surtout la volonté de s’exprimer.
Car, depuis son origine, c’est au sein de notre République que s’exprime sans entrave la volonté du peuple et le destin de la nation. Notre République, dont la maxime immuable loue la souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice. Elle est inséparable de la dignité de la personne humaine et de son émancipation, de l’Etat de droit, de l’équité et de l’égalité des chances. Elle est inséparable de la solidarité nationale, de l’ambition collective nationale, de l’esprit national, de l’indépendance nationale, Elle est inséparable de l’Etat qui, en son nom arbitre, rend la justice, attaque inlassablement les privilèges et accorde la primauté aux mérites et à la vertu. Ainsi forgée dans le même moule, la République n’est pas séparable de la nation.
A chaque étape de notre histoire, il y a déjà ainsi un peu de la République comme il y en avait quand Napoléon faisait rédiger le code civil et qu’il disait : « Ma maxime a été la carrière ouverte aux talents sans distinction de fortune. »
Il fallait passer par là pour qu’un jour il y eût vraiment la République et les philosophes et la Déclaration des droits et l’école de la République, pour que la France devienne ce pays si singulier dont Malraux disait qu’« il n’est jamais plus grand que lorsqu’il parle à tous les hommes ». Ce pays si singulier qui, depuis toujours au fond, se veut plus exemplaire que dominateur. Ce pays si singulier qui, malgré ses faiblesses et ses renoncements, garde, tout au long des vicissitudes de l’histoire, un statut exceptionnel de guide spirituel et moral car il y a indubitablement une exception française.
S’interroger sur notre identité, sur notre citoyenneté française, c’est dépasser les corporatismes, les communautarismes, les sectarismes, pour faire vivre l’idéal de la France. Le sentiment national, c’est faire vivre ces valeurs au quotidien. Cette identité est le moteur de notre nation. Elle nous fait avancer sur le chemin d’un destin collectif : un chemin de droit, de respect et de tolérance qui, à travers les siècles, a permis à la France de porter haut de grands principes qui ont éclairé le monde. Vouloir porter et vivre ces valeurs françaises, c’est tout simplement être fier d’être français.
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